Entrevue: Claude Auchu

Publié le par Eric Lamiot

Sortie au printemps 2011, Une année en quarantaine est une bande dessinée surprenante et attachante qui suit l’entrée dans la quarantaine de l’alter-ego de son auteur, Claude Auchu. Nouvel acteur de la bande dessinée au Québec, nous l’avons approché pour répondre à quelques questions.

 

Vous êtes nouveau sur la scène de la BD au Québec, pouvez nous nous faire part de votre parcours?

Je suis natif de Shawinigan. Asthmatique de naissance, l’hiver je jouais peu dehors mais je dessinais beaucoup à la maison. C’est comme ça que mon amour pour la BD à débuté.

Beaucoup plus tard, j’ai obtenu mon diplôme à l’UQAM en design graphique. Après 20 ans de métier fou, ma passion pour la BD fut plus que d’en lire, mais d’en réaliser une. Voilà donc «Une année en quarantaine».

 

Cover-40.jpg

 

Est-ce une BD autobiographique ?

Oui. 90% de ce qui se retrouve dans ce livre est autobiographique. Le 10% qui reste est le quotidien réinventé. Je ne crois pas que mes prochains projets seront autobiographiques car je souhaite probablement prendre plus de liberté sur l’histoire à choisir et aussi être porté d’un thème à l’autre, d’une époque à l’autre s’il le faut.

 

Pourquoi aborder le thème du passage de la quarantaine ?

C’est ce que je semblais le mieux connaître au moment où j’ai voulu me lancer dans cette aventure. La notion du temps m’intéresse et dans cette BD qui relate une tranche de vie d’une année, je pouvais la mettre en place.

Aussi, pour une première incursion dans le monde de la BD, je trouvais que de raconter une histoire via des sketches prenant de 1 à 8 pages était moins décourageant.

 

Screen-shot-2011-07-04-at-17.38.47.jpg

 

Pourquoi avoir choisi de le raconter en BD ?

Au-delà de la BD, j’aime le livre. J’aime l’objet. Choisir la BD comme véhicule semblait ce qui était le plus naturel pour moi. Je suis designer graphique, je connais les techniques d’impression, je dessine. Et je pouvais utiliser ce médium à ma façon, le mouler selon ma vision graphique et raconter une histoire en tant qu’auteur.

 

Votre éditeur n’est pas encore reconnu comme un éditeur de bandes dessinées. Comment s’est passée la relation avec eux pour sortir cet album ?

Très bien. Ils ont cru au projet dès le départ et j’ai eu un coup de foudre pour l’équipe. Je serai toujours reconnaissant aux Intouchables et en particulier à Marie-Ève Jeannotte, l’éditrice. Ils m’ont donné ma première chance.

Aussi, j’avais grandement confiance à leur équipe de relation de presses, Géraldine Zaccardelli et Dominique Spénard. Je jugeais qu’un première BD d’un auteur inconnu aurait besoin d’une bonne couverture médiatique et ils ont fait un boulot remarquable.

 

Screen-shot-2011-07-04-at-17.40.48.jpg

 

Pourquoi avoir choisi la bichromie ?

Cette décision arriva sur le tard, mais je suis très heureux d’avoir fait ce choix. Du début jusqu’à la toute fin, la BD était destiné à être en deux couleurs mais en noir et gris. Pratiquement un noir et blanc, mais plus riche visuellement.

Et lorsque vint le moment de faire la page couverture, qui devait être en couleurs, j’ai demandé à la designer Anne-Marie Clermont de me donner un coup de main. Et notre travail et ses recommandations m’ont amené à refaire complètement le travail des pages intérieures et apporter une touche de couleur vibrante.

Techniquement, cela nous a donné du fil à retordre à Marie Leviel, la graphiste des Intouchables et moi. Mais le jeu en valait la chandelle.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de votre façon de travailler, depuis l’idée jusque la planche finale ?

Que ce soit avec l’histoire, les plans, le dessin… je reviens toujours sur mon travail en cours. Je poli de fois en fois ce que je fais jusqu’à satisfaction. Le travail s’effectue donc par couche. Évidemment avec une certaine structure. Idée, esquisses, recherche d’ambiance, collecte d’images références, découpage, dessins et couleurs.

Les dessins finaux sont réalisés à l’ordinateur. C’est ce que j’ai trouvé de plus naturel pour moi. Bien que j’ai essayé et que j’aurai préféré travailler de façon traditionnelle avec encre, papier et pinceaux, je n’en suis pas capable. Je travaille comme graphiste depuis 20 ans sur un Mac, cet outil est plus performant pour moi.

 

Screen-shot-2011-07-04-at-17.42.19.jpg

 

Quelles sont vos références en termes de BD ?

Je lis beaucoup de BD. Principalement Européennes et Québécoises. Mais un peu de tout. Je suis un fan de la première heure de Hergé, probablement ma plus grande influence. Silence de Comès et Louis Riel de Chester Brown sont de grands classiques dans ma bibliothèque. Et comment ne pas parler de Chris Ware et la qualité extraordinaire de ses livres!

 

Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ?

Je suis très heureux d’avoir remporté la 2e place au concours de bande-dessinée organisé par Hachette Canada. C’est ma première expérience dans ce concours, je suis vraiment content de faire partie des 6 gagnants. Le lancement de cet album collectif se fera au Salon du livre de Montréal à l’automne prochain.

 

Spreads.jpg

 

Si vous deviez vous définir par trois créations artistiques (tous domaines confondus), quelles seraient elles et pourquoi ?

Une seule : Dryden de Serge Lemoyne. Une acrylique sur toile, peinte en 1975. Elle est bleu, blanc, rouge. J’adore son impact graphique et son plan serré. L’artiste s’était donné le défi de peindre tricolore pendant 10 ans et les oeuvres qui en ont résulté sont magnifiques et très créatives.

 

 

Merci pour vos réponses et votre patience.

 

Pour en savoir plus :

http://claudeauchu.com/

http://claudeauchu.com/blog/

 

Et sur Serge Lemoyne :

http://www.mbam.qc.ca/fr/oeuvres/oeuvre_40.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Lemoyne

http://www.galeriesimonblais.com/fr/artiste/sergelemoyne/

 

 

Publié dans Entrevues

Commenter cet article