Entrevue: Mikaël

Publié le par Eric Lamiot

Auteur d’origine française maintenant installé à Québec, Mikaël nous reviens cette année avec une nouvelle série dont le premier album, Félice et le flamboyant bleu, est sorti ce printemps. Pour en savoir plus sur cet auteur, nous l’avons intercepté avant ses vacances pour une petite entrevue.

 

 

Qui est Mikaël?

Je suis né en France il y a une trentaine d'année, autodidacte, j'ai appris le métier d'auteur de BD tout seul, en observant comment faisaient les autres, et en lisant beaucoup de livres sur le scénario, la couleur, la perspectives, la narration, etc.

Ma première BD est sortie en 2001. À date, j'ai plus d'une dizaine de BD à mon actifs où je signe à la fois le scénario, le dessin et la couleur. Mais ce qui ne m'empêche pas non plus de travailler avec des dessinateurs ou des scénaristes.

J'ai habité quelques temps aux Antilles françaises avant de poser mes valises à Québec, ma ville d'adoption où je compte bien rester !!

 

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D’où vient l’idée de la série Félice?

C'est un éditeur de Guadeloupe, PLB éditions, qui m'a approché car il souhaitait faire une BD avec un fort caractère local pour la jeunesse. Et comme je suis toujours en train d'écrire des histoires, j'avais justement sous le coude un conte antillais que j'avais écrit en m'inspirant des contes locaux et de  mon vécu aux Antilles. Je lui ai fait lire le synopsis, il a aimé, et mon dessin tout en rondeur et en couleur lui convenait aussi, donc ça s'est signé très vite ! Mais au départ ce n'est pas une série, juste un "one shot", mais devant l'engouement de l'éditeur, j'ai accepté de signer pour un second tome qui sortira pour Noël 2012. Je vais le commencer à la rentrée de septembre.

 

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Le premier de la série est basé, si je ne me trompe pas, sur une légende existante. D’où est tiré ce patrimoine ?

Non, ce n'est pas une légende existante, c'est moi qui me suit inspiré du folklore des contes traditionnels antillais notamment de la Guadeloupe et de la Martinique pour écrire un conte totalement original. C'est une histoire qui reprend effectivement tout le bestiaire des contes antillais et tous les thèmes de ce genre comme l'obsession du ventre vide, la fourberie, la violence et l'appât de la richesse.

 

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Pourquoi en avoir fait une version en créole ?

C'est l'éditeur qui en a eu l'idée, pour renforcer le côté régional, et pour que les habitants puissent s'investir et s'identifier encore plus suite à la parution d'une BD purement antillaise qui était une première !

 

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Si je ne me trompe pas, le créole est plutôt une langue orale qu’écrite, est-ce que c’est difficile à adapter à l’écrit ?

Autrefois oui, mais depuis plusieurs années, afin de légitimer cette langue régionale, les intellectuels antillais en ont établis les bases grammaticales, ce qui fait que maintenant c'est même une langue enseignée à l'université au même titre que le breton, le basque ou l'alsacien !

 

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Tes albums précédents, Nuages et Neige, ressemblent à des contes pour enfants, d’où viennent les idées que tu utilises pour ces albums ?

J'aime le genre du conte, car il permet de faire passer beaucoup d'idée, qui pourront ou pas être perçut par le lecteur en fonction de son âge, de son passé, etc. Ce n'est pas un genre moralisateur comme dans les fables, mais c'est un genre qui souligne simplement certains faits de la vie, et qui peuvent aider le lecteur à avancer dans son propre cheminement de vie, de grandir, tout simplement.

Quant à mes idées elles viennent d'un peu tout... par exemple, l'idée de la neige, c'est quand j’habitais en Guadeloupe, je me disais, quelle serait la réaction des gens si un matin en se réveillant tout était blanc ?

  

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Dans ces deux albums, tu as inclus des images cachées, est-ce pour prolonger le plaisir de tes lecteurs ?

Oui, c'est quelque chose que j'aimais retrouver dans certains livres quand j'étais jeune !

 

 

Dans ton travail, l’encrage est toujours léger (Félice) ou inexistant (Nuages, Neige). Peux-tu nous dire ce qui a justifié ce choix et nous parler par la même occasion de la façon dont tu travailles ?

J'ai éliminé mon encrage pour 2 raisons, d'une part parce qu'il était très mauvais, donc autant faire une qualité ses défauts ! Et d'autres part, quand je mettais mes albums en couleur (avant, quand j'avais encore un trait noir très présent) et que j'enlevais le calque des noirs, je trouvais l'image beaucoup plus douce sans trait, ce qui convenait parfaitement à ce que je voulais faire !

Et pour ce qui est de la technique, et bien je travaille entièrement en numérique, je dessine en utilisant une tablette graphique Cintiq de Wacom, qui me permet de dessiner à même l'écran, comme sur du papier ! Quant au logiciel, c'est tout simplement photoshop.

 

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Les albums sont d’une qualité éditoriale sortant de l’ordinaire, qu’est-ce qui a poussé à ce choix ?

Encore une fois, c'est une décision éditoriale, mais qui me satisfait pleinement !! En effet, la couverture mousse et le rendu mat colle parfaitement aux thèmes des histoires !

 

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Quels sont les prochains projets de Mikael ?

J'achève dans les prochains jours Circus, ma troisième BD chez Clair de Lune, dans l'esprit de La Neige et des Nuages, puis j'enchaîne sur le tome 2 de Félice, ce sera Félice et la Kaz hurlante ! Il y a aussi Rapa Nui, une BD d'anticipation où je signe le scénario sur un dessin de Fabrizio Russo. Un autre de mes projets vient de se concrétiser : travailler en atelier d'auteurs avec 2 autres collègues, Djief et Richard Vallérand. C'est très stimulant cette façon de travailler, ça change d'être tout seul chez soi ! Et aussi plein d'autres projets dont je ne peux pas encore trop parler ! Sinon, pour en savoir plus, rendez-vous sur le www.mikaelbd.com !

 

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Merci de nous accorder cette entrevue.

Bienvenue, ça m'a fait plaisir !!

 

 

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