Les entrevues Bedeka: Yves Millet, Libraire
Publiée le 21-06-2006
Fichtre, libraire spécialisé dans la bande dessinée, va maintenant se lancer dans l’édition, avec pour commencer « La Muse Récursive » de David Turgeon. Pour en savoir plus sur les intentions de cette nouvelle maison d’édition, Bedeka.org a demandé à Yves Millet, qui s’en occupe, de prendre un peu de son temps pour nous en parler, ce qu’il a gentiment accepté de faire.
Vous vous occupez d’une librairie spécialisée dans la bande dessinée, bien connue des amateurs, et vous vous lancez maintenant dans l’édition. Pourquoi ?
Je ne me lance pas dans l’édition, j’y suis depuis 1980 avec les éditions du Phylactère et la revue Cocktail (6 # parus). Puis, c’est Tchiize, fanzine et revue en 1985 et le début de la publication d’albums en 1987. J’ai bien publié au moins une vingtaine d’albums avec Phylactères. À l’ouverture de la librairie, il y a 10 ans, je démarre Zone convective et je joint les rangs des éd. les 400 coups quelques années plus tard. Aujourd’hui, si on veut c’est une suite à tout cela.
La librairie existe depuis 10 ans. J’ai le goût de développer de nouvelles activités liées à la librairie. Les projets d’édition en sont une.
Qu’est-ce qui vous a attiré vers la bande dessinée ?
L’image. Et une image qui raconte ça me plais beaucoup.
J’aime le dessin, la peinture, la sérigraphie…et le principe du tirage me plais aussi beaucoup. Mettre à la disposition du public une œuvre en assez d’exemplaires pour la rendre accessible au plus grand nombre de gens possible. Finalement, ça donne un livre en images qui raconte une histoire.
Quel vont être vos critères de choix au niveau éditorial ?
D’abord, des auteurs québécois. Ensuite, je n’ai pas de limite à part ce qui me plait. Il y aura 2 collections différentes Fichtre ! et Tchiize. Dans la première on devra retrouver des ouvrages plutôt d’exploration et dans la seconde des ouvrages plutôt du genre Franco-Belge et réaliste. De toute façon, rien n’est coulé dans le béton et tout peut évoluer.
Il y aura aussi des projets spéciaux, comme des éditions cartonnées d’ouvrages à tirage limité.
Comment allez vous vous différentier des éditeurs actuels (La pastèque, Mécanique Générale…) ?
Chacun fait ce qu’il a faire et chacun le fait différemment.
Qu’est-ce que vous pensez de la production de bande dessinée au Québec ?
J’ai toujours eu beaucoup d’intérêt pour la BD québécoise. Elle varie beaucoup en fonction des ouvertures, des possibilités de publication. Plus la possibilité de se faire publier existe, plus il y a d’effervescence et de créations diversifiées.
Comment voyez vous l’avenir de la bande dessinée Québécoise ?
Aucune idée. Elle avance, plusieurs personnes travaillent très fort pour la faire se développer. Mais où elle ira ?? La tendance, je crois, c’est plutôt d’être mondial et en même temps capable d’afficher ses couleurs locales.
Quand on regarde en arrière et que l’on voit les visions de l’avenir que l’on projetait, on se reconnaît rarement.
Qu’est-ce que vous pensez de la nouvelle que l’éditeur européen Glénat songe a s’installer au Québec ?
Je n’ai pas eu l’occasion d’en discuter avec M. Glénat. Mais ce ne serait pas le premier éditeur à le faire.
Quels sont vos « coups de cœurs » ?
J’aime particulièrement le travail des auteurs et des éditeurs qui sont en marge des courants commerciaux. J’aime l’exploration et la diversité.
En tant qu’amateur, commerçant et maintenant éditeur de bande dessinée, quels sont les conseils que vous pourriez donner aux jeunes talents qui souhaitent se lancer dans ce domaine ?
Pas de conseil à donner. Comme cela, c’est une question trop large. Il y a tellement de domaine différents en BD comme dans tous les domaines en art. Il y donc des réponses différentes à donner à chacun en fonction de ce qu’il veut faire.
Bedeka.org vous remercie du temps que vous nous avez consacré, et nous souhaitons longue vie, et beaucoup « d’enfants » aux Éditions Fichtre. Pour plus d’information : http://www.fichtre.qc.ca/index.asp