Entrevue avec Tristan Demers

Publié le par Eric Lamiot

 

Tristan Demers est l’animateur de l’émission télévisuelle BD-cités, il est également l’auteur de Gargouille et de Cosmos Café, et s’implique dans des ateliers permettant aux jeunes de découvrir l’univers de la BD , entre autres. Nous lui avons demandé comment il arrive à gérer toutes ses activités, et de nous faire découvrir son travail.

 

 

 

 

 

   EL : BD cités (canal évasion)  est une des rares incursions de la BD dans le paysage télévisuel. Penses tu qu’il y aurait moyen de faire plus ?

 Tristan Demers : Sûrement, en comprenant bien  que les diffuseurs veuillent d’abord de l’audience ( la guerre est féroce !) et en acceptant aussi de faire quelques compromis. Une association entre l’univers de la BD et celui des voyages, de la musique ou du cinéma, par exemple. La bande dessinée est, pour la plupart des décideurs, un médium non-rassembleur au public trop ciblé. Malheureusement, les livres et les arts de la scène n’ont pas la cote en ce moment, et rien ne changera  bientôt, avec la convergence et la montée de la télé-réalité. Il faut donc adapter le produit à la tendance, et faire passer la pilule dans un emballage attrayant!

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 EL : Quelles ont été les rencontres les plus marquantes que tu as fait ?

 Tristan Demers : Jean-Pierre Talbot ( qui personnifiait Tintin au cinéma)- accessible et fort sympathique, Coyotte ( quelle gentillesse), Voro, toute l’équipe du journal Spirou, Michel Plessix ( qui travaille dans son grenier datant du moyen âge !) et Tébo, un éternel ado !

 

 

 

 

 

 

 

   EL : Cosmos café, c’est quoi, c’est quand, c’est où ?

   Tristan Demers : C’est un snack-bar nouveau genre qui se trouve à des années lumières de la terre !  Spout et Maïla, les propriétaires, ne ménagent rien pour user de concurrence déloyale et revendiquent leur statut du plus populaire restaurant de la galaxie! Il y a longtemps que je voulais raconter autre chose que Gargouille en utilisant un univers à l’imaginaire plus éclaté, pour une clientèle  moins enfantine. Boomerang  éditeur jeunesse m’a suivit dans ma folie et a accepté de produire un album cartonné à l’Européenne, ce que je revendiquais !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  EL : Pourquoi ce choix du « cartonné à l’Européenne » ? Voulais-tu prouver qu’on pouvait faire ça au Québec ?

   Tristan Demers : J’y tenais,  pour être dans la norme lors de mes tournées de promotion en Europe. Et en négociant avec les imprimeurs, il est possible pour l’éditeur, en acceptant bien sûr de réduire la marge de profit, de produire  une BD cartonnée à un coût raisonnable, en misant sur la rentabilité d’une collection à long terme.

 

 

 

 

 

 

  EL : Un nouveau gargouille pour l’été ou l’automne 2007, rumeur ou réalité ?

 

 

 Tristan Demers : Réalité, à moins d’un changement de calendrier de l’éditeur. Je remettrai les planches colorées en février, et j’aurai alors 8 mois pour faire le Cosmos 2, prévu pour l’automne ! Heureusement, j’ai maintenant mon studio de création et un peu d’aide, ce qui me permet de faire la tournée en Europe et avancer d’autres projets de télévision ou de gérer les licences et les produits dérivés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : D’autres projets de télévision ?

   Tristan Demers : Quelques chroniques ici et là, une émission jeunesse pour dessiner en studio, une autre où la musique côtoie la BD. Je travaille avec différents producteurs. On verra bien !

 

 

 

 

  EL : Illustrateur, Bédéiste, présentateur, animateur (tu as donné des ateliers lors du festival d’été de Québec), ou trouves tu le temps de tout faire ?

  Tristan Demers : Je travaille avec un coloriste ( Claude Dupras), un graphiste ( Bruno Ricca) et un assistant ( Jocelyn Jalette), une agente pour la télé, un autre pour les tournées de festivals, en plus d’avoir une relation privilégiée avec mes éditeurs et plusieurs partenaires. Je suis passionné de mon travail et comme je visite plus de 70 écoles par année, je connais mes lecteurs et je reste à l’écoute de ces derniers pour m’ajuster artistiquement et commercialement. Je me sens vivant quand je travaille beaucoup, mais comme j’ai un studio, je me garde mes week-ends pour être à la maison avec mes enfants et je fais maintenant une coupure entre mon travail et ma vie de famille, ce qui n’est pas évident ! Bref, c’est à moi d’être discipliné et de respecter mon calendrier de production !

 

 

 

 

 

  EL : Ton passage dans les écoles, qu’en retires-tu, et penses-tu que ça amènera un jour une nouvelle génération de bédéistes ?

   Tristan Demers : Je le souhaite ! La bande dessinée est de plus en plus utilisée comme outil de pédagogie dans les classes primaires et secondaires. Une ouverture à ce médium est évidente et notre expertise en matière d’animations est unique, vu la petitesse du marché et le besoin des créateurs d’ici de vivre de leur art. Je rencontre près de 27 000 jeunes chaque année et j’aime savoir que j’éveille en eux le besoin de créer, ça me nourrit énormément et me permet de savoir à qui je m’adresse lorsque je travaille sur mes planches.

 

 

 

   EL : La BD québécoise est en pleine expansion, tu en penses quoi ?

  Tristan Demers : Bravo ! Et je souhaite une formidable diversité. Il y a de la place pour nous tous dans ce petit milieu et nous travaillons tous pour la même cause, à mon avis. Plusieurs d’entre nous regardons du côté de l’Europe et les grandes maisons sont plus à l’écoute du talent québécois qu’il y a quelques années, ce qui veut dire beaucoup. Mais nos publications ne nous offrent pas encore assez de véhicules pour le travail «  made in Québec » et sans visibilité, il est impossible de créer une habitude de lecture dans le public. La convergence des publications empêche la publication de nos planches alors que tous ces magazines pourraient servir de levier pour les ventes d’albums, un peu comme les passages radio des extraits de disques des chanteurs d’ici. Il faut savoir promouvoir notre talent et je crois qu’il y a beaucoup de travail à faire à ce niveau là. La même réflexion a été faite il y a quelques années pour le cinéma québécois et on en voit le résultat aux guichets !

 

 

 

  EL : Quand tu pars en tournée dans d’autres pays, connaissent ils la BD d’ici ?

  Tristan Demers : Pas beaucoup. Rabagliati , Delaf et Dubuc, certains se font une place mais comme les québécois ont bonne presse, on peut jouer là dessus pour piquer la curiosité mais il faut assurer ensuite et plaire artistiquement. Dans mon cas, comme je m’adresse aux jeunes, c’est le personnage qui accroche ou non, car ils se foutent bien de savoir d’où je viens !

 

 

 

 

  EL : Plus terre à terre, pourrais tu nous parler de ta façon de travailler ?

   Tristan Demers : Je ramasse des idées pour éventuellement en faire des gags. Ensuite, je sélectionne et prépare un premier découpage, suivi d’un crayonné plus en détails. Suivent l’encrage au pinceau-feutre, directement sur la planche que je scanne et la couleur à l’ordinateur par mon coloriste, avec Photoshop.

 

 

 

 Je me donne un calendrier d’une planche par semaine car j’ai deux albums à faire en 2007. je suis à mon studio 2 jours par semaine, je travaille aussi 2 jours dans les écoles et je me garde une autre journée pour travailler pour des clients sur divers projets ou pour des tournages. Il faut compter aussi une dizaine de séjours dans les Salons du livre entre septembre et juin.

 

 

 

 

 

 

 

 

  EL : Si tu avais un rêve BD, quel serait-il ?

   Tristan Demers : Pour moi, c’est la traduction de mes BD et une éventuelle adaptation en dessins animés. Pour la BD en général, c’est une réelle implication des éditeurs d’ici et l’installation d’une infrastructure permettant à plus d’auteurs d’émerger et à une commercialisation plus adéquate.

 

 

 

 

 

 

  EL : A ton avis, qu’est-ce qu’il faudrait faire pour y arriver ?

   Tristan Demers : Une collaboration entre les intervenants du milieu de la lecture, de l’éditeur au libraire, en passant par le bibliothécaire, des évènements pour faire connaître au grand public la BD de chez nous, des associations avec les entreprises privées pour établir des promotions et des mises en marché adéquates… Et surtout des éditeurs prêts à prendre des risques et à investir dans la publication de BD, en se trouvant un créneau bien à eux et en assumant la rentabilité à long terme, seulement. Le succès des éditions de La pastèque est un bon exemple, dans ce sens.

 

 

 

 

  EL: Quels sont tes « coups de cœurs » ?

   Tristan Demers : Tabary ( que j’aime depuis l’enfance), Les Colocataires chez Dupuis, par Runberg et Christopher ( quoi que le deuxième volume était plus faible, à mon avis), Michel Plessix pour le côté « aérien » de ses illustrations ( Le vent dans les saules), Delaby ( le gars, car je commence à peine à lire sa série Muréna) et Rabagliati ( j’ai lu le dernier Paul en une nuit !) Et bien sûr Franquin et tous les autres vétérans de la BD  !

 

 

 

 

 

  EL : Voudrais tu rajouter quelque chose ?

   Tristan Demers : La création de sites comme le vôtre est essentiel pour la promotion de la BD québécoise. Il ne faut pas lâcher, Bravo !

 

 

 

 

 Merci beaucoup pour cette entrevue et ton implication dans le monde de la BD.

 

 

 

 

  Site Internet : http://www.bdgargouille.com/

 

 

 

 

 Toutes les images de cet article appartiennent à Tristan Demers ou à ses collaborateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L
<br /> Pour être un véritable ami de Hergé pour avoir la chance de détenir une planche originale inédite de Hergé de 1933, sans compter le reste constitué de multiples pièces plus rares les unes que les<br /> autres.... On en arriverait à dire qu'il y a des membres qui constituent un véritable faisceaux de ramassi de tarés incultes qui se prennent pour des collectionneurs avertis parce qu'ils font des<br /> commentaires bêtes et stupides dans l'ensemble pour composer la substance de leur site ( http://www.forum-tintinophile.com ). Mais pire encore, lorsqu'il y a eu inscription  sur le site,<br /> voyant un comportement condescendant et orgueilleux des imbéciles du site, vite il a fallu retirer le profil en raison du temps qui se perdait  avec leur comportement d'une inclassable<br /> bêtise,  imbu de leur bêtise innée pour leur site : http://www.forum-tintinophile.com , alors que  commencait à être amener des propos très avancés sur certains aspects de la collection<br /> et le comportement  de Tristan DEMERS qui a fait endosser à un faux dessin de Hergé la paternité de ce dernier dans son ouvrage Tintin et le Québec, Tintin et la révolution tranquille chez<br /> Hurtebise, de 2008. Le ridicule dessin de Tintin qui leche la tire en tirant une langue de vache, d'un grotesque hors du commun, est un crayonné realisé par Yves RODIER alors qu'il percevait<br /> l'aide sociale , en 1986, sous l'impulsion initiatique de Feu Real Filion, au 10365, rue Saint-Maurice, à Loretteville, à Quebec.  Voilà qu'un triste ramassi d'imbéciles vient de faire<br /> perdre la divulgation d'oeuvres de Hergé non encore connues du public et qui risque de l'être encore longtemps, et pire, nul pièce detenue ne se verra se retrouver dans un musée en France et<br /> encore moins au Québec, ce à quoi il sera scrupuleusement veillé par disposition lègales. En ajoutant le fait qu'il est patent que les connaissances et la divulgation de l'image  des plus<br /> importants objets de collection de Hergé au Québec qui auraient enrichi considérablement le bouquin de Demers ont été occultés, nous le savons pourquoi, - parce que le dessin de l'imposture (<br /> Tintin à la langue de vache ) n'aurait jamais été mis de l'avant dans l'ouvrage de DEMERS en raison du fait qu'une certaine expertise aurait été exercée par la source de connaissance spécialisée<br /> qui a été contournée volontairement par Tristan DEMERS. Quelle tristesse.<br />
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